HISTORIQUE

On peut sans doute voir la source de l’Assemblée Consulaire de Dakar, comme d’ailleurs des Chambres de Commerce du Sénégal créées en vertu des arrêtés des 7, 9 et 18 avril 1854 , complétant et modifiant un arrêté du 27 décembre 1842 . Mais ces Comités n’eurent qu’une existence éphémère. Accusées par le pouvoir central d’alors, qui faisait preuve d’une grande méfiance envers toutes les Assemblées, de s’immiscer dans les questions hors de leur compétence, elles furent rapidement dissoutes.

En fait, l’ancêtre véritable de l’assemblée Consulaire de Dakar fut la Chambre de Commerce de Gorée, qui fût créée, en même temps que celle de Saint Louis, par ordonnance du 15 mars 1870, faisant suite à l’arrêté du 29 décembre 1869. Elle était composée de sept membres et son rôle se bornait à donner  les avis et les renseignements qui pouvaient lui être demandés par l’Administration sur le commerce,  l’industrie, les moyens d’accroître la prospérité et sur les améliorations à apporter à la législation commerciale. Les premières élections consulaires- Les électeurs étant au nombre  de 36 eurent lieu le 20 avril 1870.

La Chambre de Commerce de Gorée, qui plus tard a pris l’appellation de Chambre de Commerce de Gorée-Dakar eut pour Premier Président M. DELMAS auquel succéda le 7 décembre 1871 M. ALSACE. Mais le nombre d’électeurs devait s’amenuiser dans les années suivantes, le minimum étant atteint en 1876 où six électeurs procédèrent à l’élection des sept membres de l’Assemblée. Le nombre des membres fut porté à 9 par arrêté du 31 mai 1978.

La Chambre de Commerce de Gorée-Dakar tenait ses séances à l’Hôtel du Gouvernement de Gorée, dans le local du bas anciennement occupé  par la poste. En 1892, la Municipalité mit à sa disposition un local de l’Hôtel Municipal.

En 1888, Dakar devient une commune indépendante, possédant sa  propre Chambre de Commerce, comprenant 9 membres qui furent élus aux premières élections du 4 mars 1888, par dix votants. Son premier Président fut M. BERNIS.

Un arrêté du 29 janvier 1892 réorganisa la Chambre de Commerce et fixa à 7 le nombre  des membres de la Chambre de Commerce de Dakar et à celui de la Chambre de Commerce de Gorée. Les Assemblées Consulaires de Saint-Louis et Rufisque comprennent 9 membres. Ce même arrêté augmenta le Champ de leurs activités. Outre leurs attributions précédentes, elles furent appelées à donner leurs avis sur les tarifs de transports, les tarifs et règlements du courtage maritime, la création de tribunaux de commerce, les banques, les projets de travaux publics, les locaux utilisés par le commerce et la navigation.

Un arrêté en date du 31 décembre 1906 supprima la Chambre de Commerce de Gorée et fixa à 10 le nombre des membres de la Chambre de Commerce de Dakar, dont deux au moins résidant  à Gorée. Ainsi, après la Chambre de Commerce de Dakar-Gorée, on peut dire que celle de Dakar– Gorée a pris la succession.

L’importance économique de la nouvelle commune de Dakar s’affirma assez rapidement.

Deux chiffres nous éclairent sur ce point. Pour les élections consulaires de Dakar du 19 mars 1899, Il y avait 22 électeurs inscrits, ce chiffre est passé à 155 pour les élections du 25 décembre 1904.

Si la nouvelle Chambre de Commerce de Dakar fit porter ses activités sur l’ensemble des secteurs économiques elle s’occupa tout spécialement de l’aménagement  et de l’extension du port de Dakar, en qui elle voyait, à juste titre, l’élément capital pour le développement de l’économie . C’est ainsi que le 15 décembre 1905, le Président  MILLION écrivant au Président de la Chambre de Commerce de Bordeaux : « La Chambre de Commerce que j’ai l’honneur de représenter est animée de bonne  volonté ; elle naît avec le port, elle a besoin d’être guidée pour qu’aucune entrave n’arrête sa marche ascendante qu’un bon outillage, un abri sûr, un mouillage de tout repos et une situation géographique exceptionnelle permettent d’espérer pour le développement de son trafic ».

L’avenir a prouvé combien étaient fondés ces espoirs.

Un arrêté du 22 juin 1911 créa une Chambre de Commerce à Kaolack, et le 25 janvier 1914 fut instituée la Chambre de Commerce de Ziguinchor.

En 1929 fut créée à l’Assemblée Consulaire de Dakar une section agricole et industrielle. Un arrêté du 31 mai 1930 réorganisa les Chambres de Commerce et ce texte, qui a subit quelques modifications a constitué le texte de base des Assemblées Consulaires du Sénégal.

Quant au local, après avoir occupé celui, bien modeste, d’un ancien Commissariat de Police, puis un cabinet à l’Hôtel de Ville, suivi d’un étage comprenant salles et bureaux- rue Jorris l’assemblée consulaire de Dakar s’installa en 1929 – Place Protêt en l’Hôtel Consulaire actuelle, dont la première pierre fut posée le 19 Avril 1926.

NATURE JURIDIQUE DE LA CHAMBRE DE COMMERCE

Là encore nous assistons à une évolution.  L’arrêté du 29 décembre 1869, qui reconstitua, sous forme des assemblées consulaires portant le nom de comité de commerce, et de Commission commerciale qui avaient été élues à Saint-Louis et à Gorée, aux termes de l’arrêté du 27 décembre 1842, reste muet sur le statut juridique des nouvelles Chambres de Commerce.

Elles ne disposaient donc pas de la personnalité civile. Elles étaient de simples organismes consulaires chargés d’éclairer les pouvoirs publics par  des avis et suggestions concernant l’état et les intérêts généraux du commerce.

Cette qualité d’établissement public reconnue aux Assemblées Consulaires leur confère une autorité effective, qu’une simple reconnaissance d’existence ne saurait leur attribuer.

Placées sous la tutelle du Ministre du Commerce, de L’Industrie et de L’Artisanat, elles sont en contact étroit avec les pouvoirs publics.

COMPOSITION DES ASSEMBLEES CONSULAIRES

Considérées comme le porte-parole qualifié mandaté des ressortissants de leur circonscription et des intérêts de ceux-ci, les Assemblées Consulaires sont composées de membres directement élus par le suffrage de leurs ressortissants appartenant aux divers secteurs économiques représentés aux Assemblées Consulaires. Les électeurs doivent toutefois remplir certaines conditions de résidence, d’activité, d’âge et d’ordre moral et pratique, de références professionnelles.  Ainsi sont assurées au mieux la représentativité de ces Chambres et L’indiscutable valeur de leurs délibérations.

Pour que chaque assemblée puisse refléter avec autant de fidélité que possible, la structure économique de son ressort, les électeurs sont répartis en sections professionnelles déterminées, qui disposent chacun d’un certain nombre de sièges. Chaque section est partagée elle-même en catégories professionnelles dont le nombre respectif de représentants est déterminé en fonction de l’importance économique desdites catégories.

Ce nombre n’est donc pas immuable et peut varier à chaque renouvellement de la Chambre suivant le «  visage » économique offert par chaque section.

Il n’est pas utile de préciser, en outre, que les fonctions des membres des Assemblées Consulaires sont absolument gratuites.

LES RESSOURCES DES ASSEMBLEES CONSULAIRES

Nous avons vu que les Assemblées consulaires de part de leur nature, ont un caractère public. Ce même caractère se retrouve en ce qui concerne leurs ressources. Celles-ci proviennent essentiellement du produit de certaines contributions versées à l’Etat par leurs ressortissants qui leur sont ristournées, éventuellement de centimes additionnels perçus à cet effet, sur certains droits ou taxes à caractère économique comme la taxe sur les transactions

 Ce régime leur permet de bénéficier d’une indépendance financière et d’un financement permanent, leur assurant une certaine stabilité qui peut toutefois croître ou diminuer en fonction du rythme de développement économique qui est lui-même relié aux activités de leurs ressortissants. Elles ne sont donc point, à la différence des Organismes et Syndicats Professionnels soumises à l’obligation de trouver en leur sein leurs propres ressources par des cotisations directes de leurs membres ou ressortissants.

En outre, sous certaines conditions elles peuvent contracter des emprunts, recevoir des dons et legs, et percevoir également des recettes, notamment celles relatives aux services, en général d’intérêt public ou collectif, qu’elles peuvent assumer dans la limite de leurs prérogatives et attributions.

LE ROLE DE L’ASSEMBLEE CONSULAIRE DANS LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE

L’Assemblée Consulaire qui représente l’ensemble des secteurs économiques de son ressort est appelée, par là-même, à jouer un rôle très important dans le développement économique, tout principalement à Dakar où sont concentrées la plupart des industries et où les principales maisons de commerce ont leur siège.

Chargée de la défense des intérêts généraux des différentes branches économiques dont elle assume la représentation, elle est, de ce fait, en relation étroite avec les pouvoirs publics.

Ses attributions sont précisées dans l’acte qui organise et régit le fonctionnement des assemblées consulaires et elle ne peut agir que dans le cadre ainsi fixé. On peut la présenter comme un intermédiaire entre ses ressortissants et les pouvoirs publics, mais il ne s’agit pas d’un intermédiaire passif se bornant à diffuser à ses ressortissants les décisions gouvernementales d’ordre économique ou à faire connaître aux autorités de l’Etat ses avis ou les renseignements et indications qui lui sont demandés, mais il est doué d’initiatives et aussi d’un pouvoir de critique. L’Assemblée Consulaire de Dakar s’interdit toutefois toute critique purement négative.

Elle n’entend exercer ce droit que  pour  autant qu’il lui permet de formuler toute suggestion positive, proposition constructive émise dans un esprit loyal de collaboration et dans un seul souci de l’intérêt général.

C’est donc un organe de conseil pour tous les sujets de sa compétence qui lui sont soumis par les autorités de l’Etat, mais c’est aussi un organisme de promotion, car elle peut et doit prendre l’initiative de suggestions, propositions, vœux dans tous les domaines, économique, social, fiscal, douanier et en général sur toutes questions intéressant la vie économique de son ressort consulaire et surtout contribuer à améliorer la prospérité de celui-ci.

MISSION DE REPRESENTATION

L’Assemblée  Consulaire de Dakar est étroitement associée à la gestion de l’appareil économique de son ressort géographique par sa participation à de nombreux organismes. c’est ainsi que ses représentants siègent dans plus de cinquante (50) commissions, comités, associations ou conseils d’administration dont les activités s’exercent dans les domaines  les plus divers ; social, tourisme, transport et télécommunications, enseignement, affaires culturelles, financier, douanier et économique.

 Les principaux :

  • Conseil National de l’Urbanisme
  • Conseil d’Administration de la Caisse d’Epargne
  • Conseil Consultatif du Tourisme Comité de Direction de la  Régie des Transports du Sénégal
  • Conseil Interministériel des Transports
  • Conseil D’Administration de le régie des Chemins de Fer et sa commission permanente
  • Conseil d’Administration du Port Autonome de Dakar
  • Conseil D’Administration de l’Office des Postes et Télécommunications
  • Conseil de Gestion des Lycées
  • Conseil Supérieur de L’Education et de la Formation,
  • Conseil de l’Université de Dakar
  • Conseil Consultatif des Programmes de la Radiodiffusion Nationale
  • Comité Monétaire
  • Commission Nationale du Plan
  • Comité National des Prix
  • Conseil d’Administration de l’Office Sénégalais de L’Artisanat
PRESENTATION DE LA CCIAD

Créée en 1888, la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD) est un établissement public à caractère professionnel.

Interface privilégiée entre les pouvoirs publics et le secteur privé, elle joue un rôle pivot dans l’économie sénégalaise

La CCIAD représente l’ensemble des opérateurs économiques et défend les intérêts généraux des entreprises industrielles, commerciales et agricoles

MISSIONS DE LA CCIAD
  1. Représentation
  2. 2. Assister, Encadrer et Appuyer les entreprises

La CCIAD joue un rôle prépondérant dans les domaines de la création, la promotion, l’encadrement et l’assistance des entreprises privées.

Elle les accompagne à toutes les étapes du développement de leur affaire en leur offrant une large gamme de services adaptés à leurs besoins.

  1. 3. Former les opérateurs économiques

Offrir des ressources humaines de qualité en formant des hommes et des femmes aptes à répondre aux besoins des entreprises (formation initiale et continue adaptées aux exigences du marché de l’emploi).

  1. 4. Informer les entreprises

Mettre à la disposition des opérateurs économiques des informations économiques pratiques et fiables.

La CCIAD édite de nombreux ouvrages, brochures, notes de conjoncture économique et revues pour rendre compte de l’évolution de l’économie sénégalaise et dispose d’un fonds documentaire très riche.

  1. 5. Gérer des Infrastructures
CHIFFRES CLES

Membres de l’Assemblée Générale : cent (100)

Membres du Bureau : onze (11)

Sections : Commerce, Agriculture, Industrie et Services

Commissions : quatorze (14)

Employés : quatre vingt trois (83)

Total des formalités administratives: 40 767  depuis janvier 2005

Nombre de projets élaborés : 500  depuis  janvier2005

Nombre de missions étrangères au Sénégal : Plus de vingt (20) par an

Nombre de missions à l’extérieur : Plus de cinq (5) par an

Nombre d’entreprises inscrites dans le fichier consulaire : 20 000

    - Secteurs agriculture et matières premières : 4,52%

    - Secteur Industrie : 24,79%

    - Secteur Services : 43,2%

    - Secteur Commerce : 27,79